08 mars 2008
Et bien sûr je suis cruelle, et bien sûr je suis très dure
Toi Maîtresse du monde, sois bienvenue dans nos maisons
Pose la faux au creux de toutes nos musiques
Prends place dans nos danses, et si tu danses encore
Toute la mort sera morte à l’aurore
(A. Branduardi)
07 mars 2008
Réveillez-vous !
Souvent, en regardant vivre les gens, je me demande s'ils réalisent qu'on n'a qu'une vie. (Annie Ernaux)
22 février 2008
Ce qui reste
Toute trace se perd, sinon pour celui qui habite, confiant, le moment pensé de son geste. Pas de postérité... Comme il est dur le désir de durer quand on sait qu'aucun nom n'aborde aux époques lointaines. Les mots comme les êtres sont en partance pour le néant qui les guette. Notre existence est déjà une pure hypothèse. Toute survie est un rêve.
(L'enfant éternel - Philippe Forest)
Soleil noir
Je parle du fond de l’abîme
Je parle du fond de mon gouffre
C’est le soir et les ombres fuient
Le soir m’a rendu sage et fraternel
Il ouvre parfois ses portes lugubres
Je n’ai pas peur j’entre partout
Je vois de mieux en mieux la forme
humaine
Sans visage encore et pourtant
Dans un coin sombre où le mur
est en ruine
Des yeux sont là aussi clairs
que les miens
Ai-je grandi ai-je un peu de pouvoir.
(Eluard)
09 février 2008
Trop vite
Dans quelle mesure sommes-nous les produits de notre époque, déterminés par la période où nous vivons le plus gros de notre vie ? Ne restons-nous pas plutôt prisonniers de celle où nous sommes nés, de celle qui nous forma – encore sous le coup de vieilles inhibitions, prescriptions et autres prohibitions, marqués à jamais par notre encadrement initial et le contrôle indélébile que l’éducation a mis en place ? Là serait l’origine des plaintes, regrets et accusations, des verdicts rageurs et sentencieux, de la tristesse et de la morosité ambiante : cette impression d’être dépassés par le temps qui galope, galope plus vite que nous, galope tout de guingois, dans un mouvement de folie.
(Un lien étroit - Christine Jordis)
29 janvier 2008
Les choses cachées
Ecoutez mes soeurs !
Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit !
Ecoutez... le bruit des mères !
Ecoutez-le couler en vous et croupir dans vos ventres, écoutez-le stagner dans ces ténèbres où poussent les mondes !
Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, de paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, apprise avec les règles.
Des choses cachées se murmurent dans l'ombre des cuisines. [...]
Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine.
Ce qui n'a jamais été écrit est féminin.
(Le coeur cousu – Carole Martinez)














